Pacs et SuccessionsLes
partenaires d’un Pacs ne sont pas héritiers
l’un de
l’autre. Mais ils ont le pouvoir de mutuellement favoriser
leur
situation en cas de succession (cf. 1 à 4). Par ailleurs, la
loi a
institué
différentes protections du partenaire survivant (cf. 5
à 6).
1.–
Régime d'indivision des biensC’est
d'abord dans la convention de Pacs elle-même que les
partenaires
peuvent remédier à leur situation de
non-héritiers
l’un de l’autre. En effet, les futurs partenaires
peuvent
décider dans leur convention de Pacs qu’ils
deviendront
propriétaires ensemble des biens acquis après la
date
d’enregistrement de la convention. C’est ce que
l’on
appelle le régime d’indivision des biens entre
partenaires. Ce régime n’est pas automatique,
contrairement à ce qu’il était
jusqu’en 2007.
Aujourd’hui, les futurs partenaires doivent choisir
expressément ce régime dans la convention de Pacs
afin
qu’il s’applique (cf. art.
515-5-1 C.civ.).
Si
par exemple, l’un des partenaires décide
d’acheter
un canapé avec son propre argent, celui-ci deviendra
propriété commune aux deux partenaires si le
régime d’indivision a été
choisi dans leur
convention. Mais chacun demeure propriétaire des biens
acquis
séparément avant le Pacs.
Cependant,
certains
biens ne peuvent pas devenir communs aux partenaires qui ont choisi le
régime d’indivision ; l’article 515-5-2
du Code
civil dresse la liste de ces biens : 1º Les deniers
perçus par chacun des partenaires, à quelque
titre que ce
soit, postérieurement à la conclusion du pacte et
non
employés à l'acquisition d'un bien ; 2º
Les biens créés et leurs accessoires ; 3º
Les biens à caractère personnel ; 4º
Les biens ou portions de biens acquis au moyen de deniers appartenant
à un partenaire antérieurement à
l'enregistrement
de la convention initiale ou modificative aux termes de laquelle ce
régime a été choisi ; 5º
Les biens ou portions de biens acquis au moyen de deniers
reçus par donation ou succession ; 6º
Les portions de biens acquises à titre de licitation de tout
ou
partie d'un bien dont l'un des partenaires était
propriétaire au sein d'une indivision successorale ou par
suite
d'une donation.
2.– Testament et PacsLes
partenaires
peuvent aussi décider qu’ils hériteront
l’un
de l’autre en rédigeant tous deux un testament en
faveur
de leur partenaire. Le testament en faveur de l'autre partenaire lui
donne également droit à l'attribution
préférentielle du logement en cas de succession.
Cela veut dire que le partenaire survivant aura la priorité
pour acheter le logement, ou la part du logement dont il n'est pas
propriétaire du fait de la succession (ex.: la maison
était propriété indivise des
partenaires et la quotité disponible est
inférieure à la moitié de la valeur de
ce logement).
Depuis peu, les partenaires de Pacs
sont, comme les
conjoints, exonérés de droits de mutation. Le
partenaire
héritier n’aura donc pas à payer de
droits de
succession sur les biens hérités de
l’autre
partenaire (cf. art. 796-0bis C.civ.).
La
part
qu’ils
pourront ainsi léguer dépend de
l’existence et du
nombre d’héritiers réservataires,
c-à-d les
enfants des partenaires. Ils héritent d'une part de la
succession que l'on ne peut léguer par testament. Au moment
de la succession, le partenaire
bénéficiaire du testament hérite de ce
qui reste:
la quotité disponible. Evidemment,
si le partenaire défunt n’a pas
d’enfant,
c’est de la totalité de son patrimoine
qu’héritera son partenaire en cas de testament en
sa
faveur.La
proportion de
la quotité disponible est la suivante selon les cas
indiqués:
| Nombre d’enfants du
défunt | Quotité disponible | | 1 | La moitié du
patrimoine du défunt | | 2 | Le tiers | | 3 ou plus | Le quart |
Le
partenaire survivant et les héritiers
réservataires vont
donc se partager entre autres choses, ce qui constituait
la résidence commune des partenaires.
Pour faire son testament, le
plus simple et le moins coûteux
est de
rédiger un testament dit olographe.
C’est un
testament
écrit à la main par le testateur et qui doit
comporter le
nom du partenaire de Pacs comme légataire universel. Il est
très important de dater et signer le
testament. Le
testament doit
être rédigé en termes clairs et
affirmatifs ; il
faut éviter d’écrire « je
souhaiterais
léguer » par exemple. Il est indispensable de
rédiger le testament à part ; toute disposition
testamentaire contenue dans la convention de Pacs serait nulle. En
aucun cas, le testament ne doit faire mention du testament de
l’autre partenaire si celui-ci décide
également
d’en rédiger un. Sur le site partenaire
Testamentum vous pouvez obtenir de plus amples informations sur le testament
et un modèle de testament.
3.–
DonationDe
leur vivant, les partenaires peuvent se faire des donations. En cas de
donation entre partenaires, ils
bénéficient d’un abattement de 76.000
euros. Cet
abattement s’applique tous les six ans. (Pour les donations
effectuées avant le 22 août 2007,
l’abattement est
de 57.000€). Pour la valeur des biens reçus en
donation
au-dessus de 76.000 €, les droits
s’élèvent
à 40% jusqu’à 15.000€, et
à 50% pour la
part supérieure à 15.000€.
4.–
Assurance-vieOn
peut transmettre un capital à son partenaire en souscrivant
une
assurance-vie. Le souscripteur doit le faire avant
d’atteindre 70
ans. Le partenaire bénéficiaire n’aura
pas de
droits de succession à payer sur ce capital dans la limite
de
152.000€. Les droits sont de 20% pour la partie du capital qui
dépasse ce seuil. Pour les primes versées
après 70
ans du souscripteur, elles seront soumises à des
droits pour la partie dépassant 30.500 €.
5.–
Occupation gratuite et attribution préférentielle
du logement communLe
partenaire survivant a le droit d’occuper gratuitement le
logement commun pendant un an après le
décès de
son partenaire, propriétaire dudit logement. Il
n’aura pas de loyer à payer au
nouveau propriétaire (c-à-d le ou les
héritiers du
partenaire
décédé). Mais il devra acquitter la
taxe
d’habitation. Les partenaires peuvent
s’arranger pour
que le partenaire survivant puisse acquérir la
totalité
du logement si le partenaire décédé a
rédigé un testament par lequel il fait
bénéficier son partenaire de
l’attribution
préférentielle du logement.
6.–
Abattement sur la valeur du logementUn
abattement est pratiqué sur les droits à payer
sur la
succession du logement, résidence principale,
propriété du partenaire défunt, si le
logement est
occupé par le partenaire survivant au moment du
décès (ou par les enfants mineurs ou majeurs
protégés du défunt ou de son
partenaire).
Faites une recherche par
mots-clés:
| Le
Pacs et
|